Être femme dans le secteur du nucléaire

Être femme dans le secteur du nucléaire

29 mars 2019
Ingénieure Mixité Nucléaire
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Les femmes, avenir de la filière nucléaire ?

Spécialisée en gestion de projets, le parcours quelque peu atypique d’Anne-Sophie l’a menée à un poste des plus intéressants : travailler sur le premier programme nucléaire du Moyen-Orient. À la clé, ce sont 4 nouvelles centrales nucléaires qui doivent voir le jour pour alimenter la région en production électricité. Amna, pour sa part, vient d’obtenir son diplôme d’ingénieure mécanique et d’intégrer Assystem UK pour y concevoir les outils de pointe utilisés dans l’industrie nucléaire.

Tous les chemins mènent au nucléaire

Avec des parcours très différents, Anne-Sophie et Amna ont toutes deux été attirées par ce secteur exigeant qu’est le nucléaire.

L’intérêt d’Anne-Sophie pour la gestion de projets s’est développé pendant ses études. « Étudiante en école de commerce, j’ai opté pour une spécialisation en logistique et supply chain, mais j’ai vite perçu qu’il me fallait développer des compétences plus spécifiques. Sur les conseils de l’un de mes professeurs, j’ai donc préparé et validé la certification Prince 2 en gestion de projets ».

Après quelques expériences en France et à l’étranger, notamment dans le domaine du transport, Anne-Sophie a émigré aux Émirats Arabes Unis, et poussé la porte des métiers du nucléaire. « Le domaine de l’énergie m’intéressait énormément, et les projets ambitieux lancés aux EAU m’ont donné l’opportunité de rentrer dans ce secteur exigeant ». Employée chez Assystem depuis plus de 4 ans, Anne-Sophie a peu à peu évolué, alliant à des compétences en management de projets de nouvelles responsabilités en business development en lien avec la centrale. « Je travaille actuellement sur un projet fantastique, qui implique 50 à 60 nationalités différentes. C’est très galvanisant ! »

De son côté, Amna avoue qu’elle s’est laissée « choisir » par le domaine de l’énergie nucléaire. « Je suis fière d’être la première ingénieure de la famille ! Au cours de mes études, j’ai opté pour le domaine de l’ingénierie de la mécanique afin de garder mes options ouvertes. Et en parallèle, j’ai travaillé en tant qu’apprentie à Chinook Sciences, en design industriel. Alors, une fois son diplôme en poche, j’ai voulu continuer dans ce domaine, et j’ai été séduite par l’opportunité de travailler dans un créneau si spécialisé qu’est l’outillage dans le domaine du nucléaire. Ce n’est que le début, je suis en plein apprentissage, mais c’est très enrichissant ! »

Être femme ou ne pas l’être dans le secteur du nucléaire, telle n’est pas la question

Amna, nouvellement arrivée dans le secteur de la production d’énergie nucléaire, n’a jamais été victime de propos discriminatoires, d’actes sexistes ou d’inégalités et affirme n’avoir « jamais perçu de différence de traitement, que cela soit en cours, en entretien, ou désormais en poste. Même s’il serait agréable d’avoir plus de femmes ingénieures ».

Anne-Sophie confirme également ce ressenti sur la place des femmes dans les métiers du nucléaire dominés principalement par les hommes. « Contrairement aux idées reçues, être femme dans un secteur perçu comme traditionnellement masculin, qui plus est dans une région où les différences homme-femme peuvent sembler (à tort) importantes, ne m’a jamais posé de problème » explique Anne-Sophie. « Dans mon métier, être un homme ou une femme, ce n’est pas impactant. Ce qui compte, ce sont les compétences ».

Anne-Sophie rapporte également les relations qu’elle entretient avec ses collaborateurs hommes ou femmes à l’étranger et les stéréotypes que peuvent avoir les européens sur le Moyen-Orient concernant la discrimination, le sexisme et le manque d’égalité hommes femmes, choses auxquelles elle n’a pas été confrontée. « J’interviens actuellement en direct auprès d’ENEC, l’Emirates Nuclear Energy Corporation, propriétaire des centrales nucléaires en construction, et Nawah Energy Company, opérateur nucléaire. Ce projet dont je fais partie est international et parfaitement mixte, bien que je ne travaille moi-même que rarement directement avec d’autres femmes. J’entretiens de très bonnes relations avec tous mes collègues, masculins ou féminins ».

« Et en termes de clichés culturels que les européens pourraient avoir des Émirats Arabe Unis, ceux-ci reflètent rarement la réalité ! Les EAU sont très ouverts par rapport à d’autres pays du Moyen-Orient. Les femmes locales portent le voile, mais ne se couvrent pas le visage. Les hommes portent également des habits traditionnels, une longue tenue blanche portée avec un turban. Quant aux étrangers, les contraintes sont faibles en matière d’habillement, aussi bien pour les hommes que pour les femmes ! »

Egalité professionnelle : Evolution des mentalités au travail

Pour Anne-Sophie, la place des femmes dans l’ingénierie et particulièrement dans le secteur du nucléaire est en train de se renforcer malgré une parité pour les femmes encore faible. « Pour moi, si seulement 20% des postes dans le nucléaire sont occupés par des femmes -d’après l’Association Women in Nuclear Europe -, ce n’est pas tant par sexisme que par manque de ressources disponibles. Le projet sur lequel je travaille nécessite énormément de main-d’œuvre, hommes et femmes confondus. Mais peu de femmes choisissent de se former dans ce domaine ».

Alors, pour vraiment faire progresser les choses et obtenir une plus grande parité femme / homme, je suis persuadée qu’une sensibilisation doit avoir lieu très tôt, à l’école. « De nombreuses femmes ont peur de ne pas être au niveau dans des métiers techniques » explique Amna. « Intégrer plus de projets technologiques à l’école permettrait de désacraliser l’ingénierie et de la rendre plus accessible, notamment aux jeunes filles ». Anne-Sophie confirme : « les jeunes manquent d’informations, de nombreux métiers leur sont totalement inconnus. Il faut notamment montrer aux jeunes filles que les métiers techniques ne sont pas réservés aux hommes. Et leur apprendre à ne pas avoir peur de l’inconnu et embrasser le changement. Oser changer – de métier, de pays, de culture… – est une expérience extraordinaire ».

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Anne-Sophie Rodde

Responsable Projet Assystem

Amna Jelani

Ingénieure Mécanique Assystem

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