Etre ingénieur au Royaume-Uni

Etre ingénieur au Royaume-Uni

3 juillet 2019
Incrediblengineers UK
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Si proche de l’Europe et pourtant isolé par la mer, le Royaume-Uni a une approche très spécifique des affaires. Des différences culturelles les plus marquantes aux petits détails qui peuvent faire toute la différence, Fanny Fouin, une ingénieure française travaillant au Royaume-Uni depuis 5 ans, et Tom Jones, ingénieur de nationalité britannique et vice-président d’Assystem pour le développement commercial à l’international, partagent avec nous les principales similitudes et différences du métier d’ingénieur au Royaume-Uni.

Une hiérarchie stricte mais un esprit libre

Selon Fanny, la structure hiérarchique est en général bien établie dans les entreprises britanniques. « Au Royaume-Uni, si vous souhaitez parler à un cadre supérieur, il vous faudra d’abord passer par votre supérieur direct ainsi que par tous ceux qui se trouvent entre les deux. En France, les relations de travail peuvent être moins formelles. »

Les ingénieurs britanniques n’hésitent par contre pas à questionner et à faire preuve d’esprit critique vis-à-vis des idées de leurs collègues et des cadres supérieurs. Pour Tom, « si les Britanniques peuvent être perçus comme réservés dans la société, ils ne le sont pas au travail. Même dans un système hiérarchique de type « command and control », chacun se sent en droit de remettre en question une idée ou un plan de manière constructive. »

Des réunions structurées qui aboutissent à des décisions claires

Tom a remarqué qu’en Asie et au Moyen-Orient, on a tendance à éviter les conflits au cours des réunions. « Par exemple, il m’est arrivé de participer à de nombreuses réunions en Chine ou au Japon dont les comptes rendus et les décisions étaient souvent rédigés avant même la tenue de la réunion. Inversement, au Royaume-Uni, on communique généralement avant la réunion un ordre du jour détaillé et des supports à lire, mais les décisions sont prises pendant la réunion, à l’issue des débats. »

À l’autre bout du spectre, en France, en Italie ou en Espagne, les réunions sont beaucoup plus souples et détendues. Pour Fanny, « en France, les réunions sont davantage le cadre d’échanges d’idées. Et si on n’arrive pas à un accord, ce n’est pas bien grave. Même si cela peut faire un peu cliché, les Britanniques ont une approche plus pragmatique. Ils arrivent à la réunion avec une présentation préparée en amont que tout le monde a lue, avec des questions précises et un objectif clair. Les gens peuvent débattre sur des idées, mais à la fin, ils s’entendent sur un consensus que tout le monde accepte, qu’ils soient d’accord ou pas. »

L’innovation privilégiée à la technologie

Comparativement à leurs collègues en Asie, par exemple, les ingénieurs britanniques étudient plus de domaines avant de se spécialiser. Tom nous explique : « En Chine, les élèves ingénieurs ont tendance à se spécialiser dans le métier qu’ils ont choisi beaucoup plus tôt qu’au Royaume-Uni. Le système éducatif britannique encourage un apprentissage plus généraliste dans de nombreuses disciplines avant la spécialisation. Les ingénieurs développent ainsi une base de connaissances plus diversifiée mais mettent, en contrepartie, plus de temps pour devenir experts. »

Grâce à ce système éducatif axé sur le développement de connaissances variées, les équipes britanniques jouissent d’un véritable avantage concurrentiel au moment de faire preuve d’innovation pluridisciplinaire.

Séparation claire entre vie personnelle et vie professionnelle

Selon Fanny, les Britanniques accordent plus d’importance à leur vie personnelle que dans beaucoup d’autres pays. Elle nous raconte : « Lorsque j’ai commencé à travailler au Royaume-Uni, j’ai tout de suite remarqué que le cloisonnement entre vie personnelle et vie professionnelle était beaucoup plus net qu’en France, par exemple, même dans les sphères supérieures. Un salarié passe en général près de 8 heures par jour au travail, avec des horaires de travail flexibles. Et quand il quitte son poste, il laisse son travail au bureau. Cela pourrait être perçu comme un manque d’implication, mais c’est véritablement ancré dans la culture. En 5 ans de travail au Royaume-Uni, je n’ai quasiment jamais reçu d’e-mail professionnel le week-end, alors que cela m’est arrivé plus fréquemment quand j’ai commencé à travailler avec une équipe française. »

Les relations professionnelles peuvent toutefois aisément devenir plus personnelles. « Au Royaume-Uni, les ingénieurs tissent facilement des liens d’amitié et se voient souvent en dehors du travail », déclare Fanny. Les membres d’une équipe aiment aussi apporter un gâteau ou une corbeille de fruits pour leur anniversaire. C’est une autre façon de se rapprocher de leurs collègues.

Un sens de l’humour parfois sarcastique

Si vous travaillez un jour avec des Britanniques, il vous faudra peut-être accepter le sens de l’humour très pince-sans-rire de certains. Pour Tom, l’humour au travail est très important pour le développement et le bien-être de l’équipe. Soyez prévenu : « L’humour britannique peut être un peu sarcastique. Si quelqu’un dit quelque chose qui n’a absolument aucun sens tout en gardant l’air sérieux, c’est probablement qu’il plaisante ! ».

Enfin, Fanny reconnaît que les ingénieurs britanniques sont habitués à une structure, à des processus et à une méthodologie bien établis, et qu’ils peuvent parfois se sentir mal à l’aise dans un environnement plus souple et agile comme on peut en trouver en France. Mais ces caractéristiques ont aussi leurs avantages. Et au final, n’est-ce pas le résultat qui compte ?

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Tom Jones

Vice-Président du développement commercial à l’international Assystem

Fanny Fouin

Ingénieure Mécanique Assystem

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